Résumé
La section Nutrition animale de La Coopération Agricole a identifié les potentialités de l’Intelligence Artificielle (IA) au service de l’intelligence collective d’un bout à l’autre de la chaine, des productions végétales aux productions animales pour allier souveraineté, compétitivité et décarbonation. La diffusion très rapide de l’IA dans de très nombreux produits et services la rend incontournable. Afin de créer les conditions d’une appropriation collective de l’IA et de ses enjeux, les membres de la section, à l’issue de la convention 2024, ont souhaité publier un livre blanc. Ce document a pour objectif de donner un aperçu de l'intégration et l'utilisation de l'IA dans les coopératives de nutrition animale, de fournir des repères sur le sujet.
En mai 2025, une enquête menée auprès de représentants des coopératives adhérant à la section a permis de structurer le document. L’IA est perçue comme une technologie qui fera indubitablement évoluer la nutrition animale plus qu’elle ne la transformera. Elle est perçue positivement par les coopératives de nutrition animale. Les personnes interviewées voient des applications métier dans toutes les activités structurant la profession ainsi que des applications transverses au service de l’efficience opérationnelle et un support pour l’administratif. Le modèle coopératif mettant l’humain en son centre est perçu comme favorable pour intégrer l’IA dans des conditions socialement acceptables. Les répondants à l’enquête sont conscients des risques en termes de sécurité, d’éthique et d’environnement, liés à l’utilisation des technologies. Les témoignages de coopératives ayant déjà mis en place des projets IA combinés au support proposé par LCA Solutions+ ont permis de dresser un modèle de feuille de route.
Sous forme descriptive, prédictive, prescriptive ou générative, l’IA est présente dans les coopératives. En nutrition animale, dans des usines fortement automatisées, les IA descriptives et prédictives contribuent déjà au pilotage des outils. Les coopératives pourront développer les cas d’usages mis en place pour le végétal et l’animal pour optimiser la nutrition animale. Quels que soient les modèles d’IA, chacun est entièrement conscient du besoin de supervision, de validation et de vérifications humaines. Les environnements coopératifs regroupant les activités de collecte ou d’élevage et de nutrition animale seraient propices à la mise en relation de données, à la quantification de la performance de l’alimentation et à son optimisation.
Les données sont le cœur du réacteur de toutes démarches. La qualité, la quantité, la sécurisation, la propriété des données sont des questions primordiales associées au projet. Du temps sera nécessairement investi pour partager les éléments de langage des parties prenantes. Les données devront être standardisées, réelles, accessibles, interopérables, réutilisables. L’usage en sera défini avant la collecte et enfin la transformation en informations.
L’IA sera intégrée aux piliers éthiques, environnement et sécurité de la coopérative. L’IA sera intégrée à l’analyse des risques et impacts dans la politique RSE. La stratégie environnementale trouvera sa place dans la gouvernance de l’IA. Le besoin de créativité sera soupesé à l’aune de la nécessité d’avoir des données sûres et fiables. La cybersécurité ne sera pas négligée, en attaque comme en défense. Enfin des choix technologiques adaptés permettront à la coopérative d’être en adéquation avec sa volonté de souveraineté.